Lili Murmure

Secrets, sensualité et promesses.

26 janvier 2008

Objection rejetée.

Déambuler dans les rues de ma ville. Y observer ces centaines de femmes. Mon pas se fait lent, lourd, à l'affût de tout ces petits détails. Elles sont là, à tous les coins de rues. Il y a celle qui est assise dans le froid sur la terrasse d'un café désert, le regard bleu dans le vague, se réchauffant les mains sur sa grande tasse de café noir. Il y a celle qui marche au hasard, les yeux fixés sur une lettre manuscrite, l'écriture serrée lui faisant briller les yeux. Plus loin, il y a celle dont la jupe trop courte dévoile le haut des bas alors qu'elle se penche vers son fils pour lui remettre son bonnet. Il y a celle sur son vélo qui, arrêtée au feu rouge renoue ses lacets et laisse entrevoir par un pull baillant une poitrine chaude. Il a y a celle qui, à la caisse d'un grand magasin perd ses yeux dans les miens, sans me voir vraiment, en pensant à autre chose et qui de toute évidence ignore l'effet que cela a sur moi.

Puis plus tard, dans ce café où je suis allée me réchauffer, il y a cette jeune femme, les cheveux trop blonds dérangeant son visage, tout occupée à tapoter un texto sur son téléphone, visiblement excédée, par une attente, par une absence, par une promesse non tenue. Et il y a moi, assis au bar, en face d'elle, le regard plein de ces images, de cette sensualité quotidienne et ordinaire, que je glane comme autant de trésors. Et je découpe chaque petit détail de sa personne : les marques d'énervement sur son front, sa main qui glisse sous son pull trop large, dans son dos, pour soulager une douleur, ses yeux foncés fixés sur le petit écran qui ne répond pas, sa bouche contrariée, pincée, mais tellement expressive, ses talons de bottines qui se balancent sur la barre du tabouret.

Je pars aux toilettes et alors que je suis en train de me laver les mains, j'entends le claquement de ses talons dans le couloir. Je ne me retourne pas, mais je l'entends s'immobiliser derrière moi. Je me dis que simplement elle attend qui je libère l'endroit, mais lorsque je me tourne vers elle, c'est toute sa personne qui m'attend moi, ses yeux sont rivés sur moi. Et elle me dit "je suis venue pour rien, je déteste perdre mon temps", avec dans la voix un agacement qui me rend presque responsable de sa situation.

Elle m'a bousculé contre le mur, comme l'aurait fait un homme, son corps est venu se caler contre le mien. Sur son front plus d'énervement, dans ses yeux, la lueur du jeu. De sa langue pointue, elle est venue lécher ma bouche et sa main très vite a trouvé dans mon pantalon ce qu'elle cherchait, elle a sorti ma queue qui ne demandait rien de plus et s'est agenouillée pour me sucer. Sa bouche s'est faite brûlante et très rapide autour de moi et pendant ce temps, je voyais son cul, moulé dans un jean trop serré qui tournait au-dessus de ses bottines, ses mains s'accrochant à ma taille. Elle poussait des grognements de plaisir et je me disais que je devais être en pleine vision délirante d'un fantasme. D'une main, elle a tiré sur le col de son pull trop large pour en laisser s'échapper un sein dont elle a commencé à torturer la pointe. La voir ainsi, à la fois offerte et tellement libre, voir sa bouche rose glisser sur ma queue, toujours plus raide, m'a plongé dans un état proche de la syncope. Elle s'est relevée, j'ai eu le temps de voir ses yeux pétillants et elle m'a forcé à pivoter sur moi même pour me retrouver face au mur. Elle a continué à me caresser la queue, comme si elle me suçait, d'une main enveloppante et douce, rapide et régulière. Puis j'ai senti tout son corps se lover contre le mien, et un mouvement de va-et-vient qui trahissait une caresse de ses cuisses, de son sexe contre moi. J'ai pu en un clin d'oeil constater qu'elle avait glissé sa main libre dans son pantalon et qu'elle se caressait avec précision et nervosité. Elle a commencé a gémir en accélérant le mouvement de sa main sur ma queue. Dans une espèce d'extase, j'ai vu près de la porte se profiler une silhouette qui est repartie rapidement et j'ai pris conscience du peu de virilité de la situation, mais il m'en fallait bien plus pour en perdre mon désir. C'est d'ailleurs un plaisir éclatant et sincère qui m'a fait jouir, les deux mains plaquées au mur, alors que le demoiselle derrière moi gémissait de plus belle. Elle a lâché ma queue, je l'ai sentie se crisper contre moi. S'en est suivi un soupir, elle est allée se laver les mains, et se regardant dans la glace, elle a répété "je déteste perdre mon temps", et elle a quitté les lieux.

Déambuler dans les rues de ma ville. Y observer ces centaines de femmes. Et parfois, la surprise...

***

Posté par Lili Murmure à 10:57 - Secrets et histoires. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je n'ai pas d'objection votre Honneur !!

La surprise, c'est moi qui l'ai eu en cliquant sur le lien de Lili et en me retrouvant face à ce nouveau texte...
J'en suis tout retourné et quelque peu à l'étroit : ça c'est l'effet surprise de Lili !!!
Merci à vous...

Posté par Errol, 28 janvier 2008 à 14:08

beau texte, tres agreable, bientot d'autres?
bises
tania

Posté par tania, 01 décembre 2008 à 00:29

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=19200&pid=7702107

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :