Lili Murmure

Secrets, sensualité et promesses.

13 janvier 2008

Nude.

[Musique indispensable à toute lecture]

Voila des semaines qu'il veut jouer. Il dit "oui", il dit "non", il dit peut-être. Il me sourit ou il m'ignore. Il me parle trop ou pas assez. Je vois sa tête se tourner dès que je passe devant son bureau, je sens son regard sur mon corps quand je lui parle, je sens le jeu qu'il veut mettre en place. Je n'ai pas eu envie de jouer au début, puis finalement, il a su y faire. C'est un homme très grand, fort, tout en muscles et en chaleur, les cheveux ras et les yeux foncés. Je l'ai trouvé séduisant la première fois que je l'ai vu, plus précisément attirant. L'autre jour, il rentrait de vacances et je me suis dit en le regardant que sa peau toute bronzée devait avoir un goût magique. En lui faisant les bises en arrivant au boulot ce matin là, j'ai trouvé sa joue électrique. Puis ses yeux depuis me semblent plus sombres, plus animés. Et je me surprends à guetter les mouvements de ses mains qui dessinent des arabesques.

Et hier, sans que je m'y attende, le petit jeu que je prévoyais long, progressif et sans aucune conséquence a basculé, d'un coup d'un seul, dans quelque chose que je n'attendais pas. J'aurais imaginé le sexe, la vulgarité, j'aurais pu penser à la violence du moment, à l'urgence, à la force. Jamais je n'aurais imaginé ça.

Il me parlait de ce dossier, de ce groupe que nous avons à encadrer en commun. Il me parlait de ses projets. Ses mots étaient vides et ses yeux trop pleins et même dangereux. Il le savait car il les baissait, ne parvenait plus à soutenir mon regard. Très vite, son trouble m'a gagnée et plutôt que d'en sourire, j'en ai eu peur, j'ai senti que ce ne serait pas anodin. J'ai eu plus peur encore du contexte. Nous étions dans son bureau, les derniers dans le bâtiment, les clés qui devaient le fermer derrière nous étaient dans sa main gauche. J'ai voulu partir, je ne l'ai pas laissé finir sa phrase, j'ai tourné les talons et je me suis précipitée vers la porte. C'était incroyable déjà que tant de choses aient pu passer entre nous sans que nous n'ayons dit un mot. J'ai juste entendu mon prénom, avec une tonalité si différente, grave, profonde, qui contrastait tellement avec les banalités qu'il disait alors. Je me suis retournée, il n'avait pas bougé. Il a dit "non". Et il y avait dans ces trois lettres toute l'intensité de ce que je n'avais pas perçu jusqu'alors. Je me suis approchée de lui, j'ai dit "pourquoi" et nous n'avons plus eu besoin de mots. Il a tendu sa main et la mienne est allée la frôler. J'ai retrouvé cette électricité, ce magnétisme. J'aurais aimé m'arrêter là car je sentais bien que je ne ressortirais pas indemne de ce qui allait suivre. Ses yeux ont plongé dans les miens, sa main est venue sur ma joue et a glissé dans mes cheveux et l'électricité s'est faite enveloppe, bulle, rien d'autre n'existait autour. Ses lèvres se sont rapprochées des miennes, à en sentir son souffle s'accélérer : un instant qui a duré une éternité. Puis le choc, la chaleur dans tout le corps, sa langue sur la mienne, comme liquide et des étoiles devant mes yeux fermés.

Bien sur ses mains ont glissé sur le reste de mon corps, cherchant ma peau sous mes vêtements. J'ai cherché la sienne, prête à défaillir, gonflée d'un désir que je n'avais jamais connu, élastique. Les vibrations de notre désir semblaient emplir la pièce. Et je sentais comme son coeur battre en moi. Nos bouches se sont quittées pour qu'un regard (plus fort encore que le baiser qu'on venait d'échanger) chasse le reste de peur en moi. J'ai trouvé son désir, sous ma main, chair gonflée et brûlante. Il a trouvé mon intimité en glissant sous ma jupe, il a  trouvé mon intérieur, comme un secret que personne n'avait encore touché. Nous nous sommes débarrassés des vêtements qui pouvaient freiner cet élan, presque sans nous en rendre compte. Son sexe a remplacé ses doigts en moi, naturellement, et nous étions comme soudés l'un à l'autre, mon dos calé contre le mur, sa force et sa chaleur, en moi. Il en est arrivé à me soulever, lentement. Nos souffles ont suivi ce rythme calculé, pur. Jusqu'à une évidence, pour chacun de nous. Une longue évidence.

Il m'a fallu plusieurs minutes pour reprendre mon souffle et mes esprits. Ensuite, il m'a fallu plusieurs jours, plusieurs semaines pour accepter cette nouvelle idée : lui dans ma vie, avec toute cette évidence que je n'avais su voir avant.

***

Posté par Lili Murmure à 17:05 - Secrets et histoires. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

J'ai très bien fait

Je vous avais gardée dans mes favori(te)s, au cas où vous reviendriez... J'ai très bien fait.

Posté par 502, 14 janvier 2008 à 23:23

L'attente est le piment du désir !

Ma chère Lili,

Quel bonheur de vous retrouver...
Lili Murmure dans un coin de mes favoris, un petit clic de temps en temps pour voir...
Et là, surprise un post !
Et quel post... chaud, envoutant, sensuel, haletant comme vous savez si bien le faire!
Vous nous manipelez, vos paroles nous envoutent pour nous mener par vos mots aux limites de l'excitation, vers ce point de non retour qui nous laisse pantois...
Merci Lili !

Posté par Errol, 22 janvier 2008 à 14:11

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